Quand la Ummah avait des dirigeants d’une autre trempe…

Quand la Ummah avait des dirigeants d’une autre trempe… En 1524, Shâh Tahmasp succède à Shâh Isma’îl, fondateur de la tristement célèbre dynastie chiite des Safavides, en tant que maître de la Perse. Le sultan ottoman Suleymân – plus connu sous le nom de Soliman le Magnifique -, alors champion de l’islâm & du sunnisme contre lequel les Safavides ont redoublé de traîtrise & de complots, lui écrit cette lettre en guise de « félicitations » pour son couronnement :

« Si dans ta nature corrompue par l’erreur, il restait seulement une étincelle d’honneur & de zèle, depuis longtemps tu aurais disparu. J’ai résolu de porter mes armes à Tabriz & dans l’Azerbaïdjan, et de planter ma tente dans l’Iran & le Turan, à Samarcande & dans le Khurasan.

Si jusqu’ici j’ai différé l’exécution de ce projet, c’est que j’en ai été détourné par les expéditions triomphantes contre les Hongrois & les Francs, contre Belgrade & Rhodes, les deux plus grandes forteresses de la terre habitée, qui sont les merveilles du monde… Avant donc que les masses de mon armée, grosses comme les montagnes, couvrent ton pays, dévastent ton royaume & exterminent ta famille, incline la tête, dépose la couronne & enveloppe-toi comme tes ancêtres dans la robe de moine… Si tu veux venir mendier à ma porte un morceau de pain pour l’amour de Dieu, je comblerai tes désirs & tu ne perdras rien de ton pays.

Mais si tu persistes dans l’orgueil de Pharaon & la démence de Nemrod, si tu marches toujours dans le sentier de l’erreur, bientôt au cliquetis des sabres & des lances, et au retentissement du canon, tu sentiras que l’heure de ta perte est arrivée. Lors même que tu irais t’enfoncer dans la terre comme une fourmi, que tu prendrais ton essor dans les airs comme un oiseau, je ne te perdrais pas de vue. Avec la grâce de Dieu, je saurais t’assaillir & je purgerais le monde de ton infâme existence… »

Pour l’anecdote, excédé par les manigances de son fourbe voisin qui multiplie les tentatives de déstabilisation en entrant en contact avec les puissances chrétiennes ennemies des Ottomans, en finançant ses opposants internes, en assassinant ses alliés ou en incitant les chiites d’Anatolie à la rébellion, Suleymân mènera trois grandes campagnes militaires contre la Perse, durant lesquelles le souverain chiite refusera systématiquement de l’affronter, sans doute échaudé par la fameuse lettre, préférant fuir lâchement pour amener l’Ottoman à s’éloigner de ses bases de ravitaillement.

Néanmoins, Suleymân ravagera Tabriz, la capitale originelle des Safavides, et surtout, leur reprendra l’Iraq & la grande Bagdad… Il leur imposera même, par le traité d’Amasya, de cesser de maudire officiellement Abû Bakr, ‘Umar, ‘Aisha & les autres sahâbas (qu’Allâh les agrée), ce qui fut perçu comme une grande humiliation par les Safavides.

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